Fête du Travail
Le coût de la vie au centre de la revendication syndicale
Ils étaient venus, elles (ils) étaient toutes et tous là. Travailleurs du public comme du privé, vendeuses comme revendeuses de Volovolo ou de shindo shambawani, diplômés au chômage, chômeurs, etc. Jamais 1er mai n'a autant mobilisé. Le thème retenu pour la marche du jeudi, le coût de la vie, a sans doute était pour beaucoup. Certains ont parlé d'un ''simple réveil'' du monde du travail.
Jamais un premier mai n'a mobilisé autant du monde. De la place du Karthala, lieu du départ, à la place de l'indépendance, le défilé du premier mai rassemblait plusieurs centaines de personnes. Cette année, tous les salariés des tous les secteurs d'activité, étaient présents. Le coût de la vie et le salaire minimum étaient retenus comme principaux thèmes de campagne. La forte présence des femmes vendeuses du grand marché de Volo-volo, habillés en tenues traditionnelles, a rehaussé l'événement. Sur leur principale banderole on pouvait lire ''Sirikali fikiriya ye mcuzi pvo kaantsi'', autrement dit l'Etat doit se soucier de la salubrité des lieux de vente.
Des travailleurs des entreprises publiques étaient de la partie. Des banderoles plus politiques, étaient brandies ''le syndicalisme n'a pas d'île'' ou plus militant ''Tenez-moi la main, je vous suivrais''.
La délégation des fonctionnaires, portaient deux banderoles, le premier ouvrait la marche ''Au secours la vie est chère'' et le second la fermait ''Travail moins salaires = corvée''.
Le chef syndicaliste, Salim Souleymane, rappelle que ''la récente étude menée en 2003, fixait le salaire minimum à 75.000 francs. Nous n'avons depuis une dizaine d'année enregistrée que deux avancements salariaux obtenus au forceps. Pour l'heure, on ne peut déterminer un salaire minimum, puisque aucun décret présidentiel ne le fixe légalement et que des agents touchent jusqu'à 12.500 francs''.
L'augmentation de plus 60% des prix des produits de première nécessité et les craintes d'une augmentation des produits de base (riz, farine, pétrole lampant, etc.), inquiètent les agents de l'Etat qui viennent de percevoir, cette semaine, la paie du mois de... décembre 2007.
Ces cinq dernières années, les transports ont connus une forte augmentation, accentuant l'absentéisme et provoquant la hausse des produits locaux.
''Nous sommes fatigués et nous avons faim''
Les Comores, pays qui a la particularité d'importer la totalité des produits de première nécessité, peinent à vendre, du coup, ses produits de rente comme la vanille et le girofle. Des produits qui subissent les effets de la chute vertigineuse des cours mondiaux. Ces particularités appauvrissent encore d'avantage les populations rurales. Chabani Bourhane, radiologue et syndicaliste, exprime mieux que quiconque l'ampleur de la crise : ''les malades paient leur chambre, toutes les consultations médicales, leurs analyses, ceux qui sont hospitalisés, prennent en charge leur manger, alors que les salaires sont misérables''.
Dans le défilé du premier mai, se trouvaient des chômeurs, avec des pancartes, ''Nous sommes fatigués et nous avons faim''.
Des termes jamais employés jusqu'ici et qui sont autant de signes qui démontrent que la crise alimentaire et la misère gagnent de plus en plus de terrain.
Des jeunes diplômés des écoles nationales au chômage, ont confectionnés des banderoles pour dire qu'ils existent : ''Nous sommes diplômés et nous ne trouvons pas de travail''. Un jeune chômeur, Ali Abdou approchant la quarantaine, a lancé : ''sans filet de protection, ni de politique hardie pour développer l'agriculture et la pêche, les Comores risquent dans les mois à venir, de subir de plein fouet, les effets de la crise mondiale de l'augmentation des prix des produits alimentaires''. Ali Abdou est ingénieur. Il cherche désespérément du travail, depuis plus de dix mois. Si vous en trouvez...
Ahmed Ali Amir
Sources Alwatwan du lundi 05 mai 2008
Le coût de la vie au centre de la revendication syndicale
Ils étaient venus, elles (ils) étaient toutes et tous là. Travailleurs du public comme du privé, vendeuses comme revendeuses de Volovolo ou de shindo shambawani, diplômés au chômage, chômeurs, etc. Jamais 1er mai n'a autant mobilisé. Le thème retenu pour la marche du jeudi, le coût de la vie, a sans doute était pour beaucoup. Certains ont parlé d'un ''simple réveil'' du monde du travail.
Jamais un premier mai n'a mobilisé autant du monde. De la place du Karthala, lieu du départ, à la place de l'indépendance, le défilé du premier mai rassemblait plusieurs centaines de personnes. Cette année, tous les salariés des tous les secteurs d'activité, étaient présents. Le coût de la vie et le salaire minimum étaient retenus comme principaux thèmes de campagne. La forte présence des femmes vendeuses du grand marché de Volo-volo, habillés en tenues traditionnelles, a rehaussé l'événement. Sur leur principale banderole on pouvait lire ''Sirikali fikiriya ye mcuzi pvo kaantsi'', autrement dit l'Etat doit se soucier de la salubrité des lieux de vente.
Des travailleurs des entreprises publiques étaient de la partie. Des banderoles plus politiques, étaient brandies ''le syndicalisme n'a pas d'île'' ou plus militant ''Tenez-moi la main, je vous suivrais''.
La délégation des fonctionnaires, portaient deux banderoles, le premier ouvrait la marche ''Au secours la vie est chère'' et le second la fermait ''Travail moins salaires = corvée''.
Le chef syndicaliste, Salim Souleymane, rappelle que ''la récente étude menée en 2003, fixait le salaire minimum à 75.000 francs. Nous n'avons depuis une dizaine d'année enregistrée que deux avancements salariaux obtenus au forceps. Pour l'heure, on ne peut déterminer un salaire minimum, puisque aucun décret présidentiel ne le fixe légalement et que des agents touchent jusqu'à 12.500 francs''.
L'augmentation de plus 60% des prix des produits de première nécessité et les craintes d'une augmentation des produits de base (riz, farine, pétrole lampant, etc.), inquiètent les agents de l'Etat qui viennent de percevoir, cette semaine, la paie du mois de... décembre 2007.
Ces cinq dernières années, les transports ont connus une forte augmentation, accentuant l'absentéisme et provoquant la hausse des produits locaux.
''Nous sommes fatigués et nous avons faim''
Les Comores, pays qui a la particularité d'importer la totalité des produits de première nécessité, peinent à vendre, du coup, ses produits de rente comme la vanille et le girofle. Des produits qui subissent les effets de la chute vertigineuse des cours mondiaux. Ces particularités appauvrissent encore d'avantage les populations rurales. Chabani Bourhane, radiologue et syndicaliste, exprime mieux que quiconque l'ampleur de la crise : ''les malades paient leur chambre, toutes les consultations médicales, leurs analyses, ceux qui sont hospitalisés, prennent en charge leur manger, alors que les salaires sont misérables''.
Dans le défilé du premier mai, se trouvaient des chômeurs, avec des pancartes, ''Nous sommes fatigués et nous avons faim''.
Des termes jamais employés jusqu'ici et qui sont autant de signes qui démontrent que la crise alimentaire et la misère gagnent de plus en plus de terrain.
Des jeunes diplômés des écoles nationales au chômage, ont confectionnés des banderoles pour dire qu'ils existent : ''Nous sommes diplômés et nous ne trouvons pas de travail''. Un jeune chômeur, Ali Abdou approchant la quarantaine, a lancé : ''sans filet de protection, ni de politique hardie pour développer l'agriculture et la pêche, les Comores risquent dans les mois à venir, de subir de plein fouet, les effets de la crise mondiale de l'augmentation des prix des produits alimentaires''. Ali Abdou est ingénieur. Il cherche désespérément du travail, depuis plus de dix mois. Si vous en trouvez...
Ahmed Ali Amir
Sources Alwatwan du lundi 05 mai 2008